2022 : Cycle de conférences d'histoire de l'art par Raphaëlle Fonfroide de Lafon

Dans des sociétés saturées d’images et d'objets, expliquer l’art moderne et contemporain est une nécessité pour que chacun·e puisse développer son regard. D’Edouard Manet à Adriana Varejão, d’Auguste Rodin à Louise Bourgeois, les artistes interrogent nos manières de voir – et de penser. Le décodage de leurs œuvres nous aide à saisir des enjeux de notre environnement.



Dans le cadre d’un cycle à l’Armande asbl, nous envisageons des conférences qui puissent non seulement attirer l’attention des personnes intéressées par l’art contemporain mais aussi de celles curieuses d'une démarche artistique spécifique. Chaque conférence sera abordée sur une seule séance afin de varier les approches et de ne pas pénaliser les personnes qui ne pourraient pas être présentes à toutes les séances.


Raphaëlle Fonfroide de Lafon est titulaire d’un Master 2 en histoire de l’art. Depuis 2010, elle organise des conférences et des visites guidées d’art moderne et contemporain. Prestations ponctuelles, cycles d’initiation ou de perfectionnement, l’objectif reste le même : une histoire de l’art accessible à tou·te·s en conservant la richesse des œuvres étudiées.



Informations pratiques :

Dimanche à 17H30 à L'Armande asbl

Prix Libre

Réservations conseillées car les places sont limitées :)

Programme détaillé :


  • 23 janvier 2022 : Des femmes artistes


En 1989, les Guerrilla Girls constatent que seulement 5% des artistes des départements d’art moderne du Metropolitan Museum de New York sont des femmes (et que 85% des nus représentent des femmes). Au début du XXIe siècle, alors que le nombre d’artistes femmes n’a cessé de croître, elles ne sont guère plus présentes dans ces collections et leur visibilité n’est pas toujours meilleure ailleurs.

Cette conférence est non seulement une occasion de pallier modestement ce déséquilibre mais aussi d’étudier des œuvres militantes qui interrogent les stéréotypes et la violence d’une société patriarcale.


  • 27 février 2022 : Taryn Simon


Taryn Simon (née en 1975) élabore des œuvres ambitieuses qui mélangent photographie et texte dans le cadre de projets marqué par l’art conceptuel.

Des vivants déclarés morts, des innocents reconnus coupables, des contrefaçons de sacs Vuitton, l’Institut de cryogénie, des lapins de garenne en Australie, une édition en braille de Playboy financée par le Congrès des Etats-Unis, la plus grande bibliothèque de prêt d’images du monde, et bien d’autres choses à découvrir dans le travail de Taryn Simon.

  • 27 mars 2022 : Cindy Sherman

Cindy Sherman est née en 1954 à Glan Ridge (New Jersey). Elle est avec Nan Goldin l’une des photographes américaines les plus célèbres.

Avec Cindy Sherman, nous sommes dans l’entre deux, ni portrait ni autoportrait, Et même faux portrait ! Les personnages que nous voyons n’existent pas, il s’agit d’une mise en scène. Ce que Sherman nous offre à regarder d’elle-même est inexact, continuellement travesti. Elle compose des portraits vraisemblables de personnes fictives ou encore de faux portraits d’elle-même, des images parodiques de « la femme ».

Sherman : « Dans la tête du public, il y a une idée toute théorique selon laquelle l’art doit être beau et selon laquelle les femmes doivent être belles. Je tiens à jouer simultanément sur l’attraction et la répulsion. »

  • 24 avril 2022 : Art contemporain et genre(s)


Claude Cahun, Aveux non avenus, 1930 : « Brouiller les cartes. Masculin ? Féminin ? Mais ça dépend des cas. Neutre est le seul genre qui me convienne toujours. S’il existait dans notre langue on n’observerait pas ce flottement de ma pensée. Je serais pour de bon l’abeille ouvrière. »

Lorsque les artistes interrogent le(s) genre(s), le trouble est jeté. Il n’est pas seulement question de produire des représentations qui reflètent des parties de la société mais aussi, et surtout, de constituer un ensemble d’images qui puissent la modifier durablement.

  • 22 mai 2022 : Alice Neel (1900-1984)


Artiste engagée, militante féministe (intersectionnelle avant que le mot existe) et membre du parti communiste, Alice Neel peint essentiellement les exclu·e·s. Elle réalise non seulement des portraits de ses camarades de luttes, dont la célèbre écrivaine féministe Kate Millett, mais aussi des marginaux qui vivent à New York et des corps qui ne correspondent pas aux normes de beauté. Elle est également connue pour ses tableaux de femmes enceintes dans des mises en scène où la maternité n’est pas montrée comme épanouissante. Parfois, elle les peint en détournant les codes des poses érotiques.

Malgré la puissance de son œuvre, source d’inspiration pour Robert Mapplethorpe et Jenny Holzer, sa première rétrospective n’a lieu qu’en 1974, au Whitney Museum of American Art.